Ma boule à Z!

Mais de quoi est-ce qu’elle me parle !? Elle est coach ou icône de mode !? Pfiou…. Premièrement, les deux ne sont pas incompatibles même si moi, en égérie fashion… MOUAIS… Deuxièmement, vous savez comme moi que les cheveux c’est tout un symbole ! C’est vrai pour les hommes et chez les femmes c’est tellement fort qu’on n’ose même pas se tailler les pointes sans lancer un sondage national!

Une femme de tête (version originale: Nappily ever after) que vous retrouvez sur Netflix

L’histoire de ma chevelure c’est tout un truc… Est-ce que vous avez vu ce film Netflix dont l’héroïne pète un câble et se tond la tête un soir de cuite monumentale !? Si vous ne l’avez pas vu, allez-y ! Pour ma part, quand je suis tombée dessus, j’ai commencé à pleurer en lisant le pitch ! Si, si! C’était mon histoire ! Et surtout, moi qui n’avais jamais osé parler de ce truc bizarre qui se passait quand je me regardais dans un miroir, je m’apercevais que je n’étais probablement pas seule dans mon cas ! Larmes de joie, de douleur, de peur, de tristesse… Tout, absolument tout se mêlait à ce moment-là. Bref… J’ai vu le film et ça ne s’est pas démenti, c’est un bijoux et, au moins, une personne dans le monde comprend ce que j’ai ressenti dans mes tripes… Pour avoir écrit une telle histoire, il faut avoir ressenti la chose. Heureusement, c’est une comédie sinon bonjour l’angoisse ! J’ai beaucoup ri et pleuré mais surtout ri ! Et je me suis aperçue que tout ça était derrière moi et que j’étais enfin prête à laisser ma féminité éclater ! La mienne… Pas une féminité normée, encadrée, qui ne déborde pas et que tout le monde comprend ! Si je ne me comprends pas moi-même à chaque instant, pourquoi devrais-je toujours être comprise des autres ! Ce que j’attends ce n’est pas qu’on me comprenne, c’est qu’on me respecte. Et ça n’a rien à voir ! Donc voilà… La vraie histoire commence là…

Il y a 3 ans… Je crois… Peut-être plus, j’ai une notion du temps très relative depuis toujours. Ce dont je suis sûre c’est que c’était, au moins, 1 ans avant Irma. Il y a 3 ans (à priori…) j’ai demandé à Johann, l’homme qui partageait ma vie, de me tondre le crâne ! Je voulais le faire, c’était comme une urgence absolue mais j’étais terrifiée ! Courageuse mais pas téméraire, j’ai fait faire la sale besogne à mon mec ! Je dois avouer qu’il a été adorable. On sait tous combien les hommes ont du mal avec les cheveux courts chez les femmes (pas tous mais un grand nombre) alors accepter de tondre sa chérie soi-même, c’était super chouette. Rendons à César ce qui lui appartient. D’ailleurs, je dois dire qu’a ce moment, sans son soutien, je ne l’aurais pas fait. Lui, c’est le genre intello qui aime plus votre cerveau que vos fesses et qui vous trouve belle même habillée en sac poubelle pourvu que vous soyez capable de citer Nietzche ! J’exagère à peine. Cerise sur le gâteau, il adorait les femmes aux cheveux courts. Résultat, j’étais pas mal en confiance. Malgré cela, il m’a fallu un coup de pouce sinon je n’y allais pas !

Peut-être que c’est le moment de faire un break pour vous expliquer rapidement ce qui m’a amené à ce besoin vital de faire connaissance avec mon crâne luisant et irrégulier !?

Miroir, mon beau miroir!

Alors c’est très simple ! Depuis mon adolescence, je ne me reconnaissais pas dans le miroir. Juste ça ! Pas grand chose ! Tu parles ! Pour bien préciser et ne pas inquiéter tout le monde, je me voyais bien ! Rationnellement, je savais que c’était moi, mon visage. Je n’avais pas l’impression de vraiment voir quelqu’un d’autre mais le visage que je voyais ne correspondait pas du tout à l’image que je me faisais de moi. J’ai changé de coupe et de couleur de cheveux tellement de fois que je ne pourrais même pas comptabiliser ! Je cherchais sans cesse le moyen de me ressembler à moi-même sans imaginer que le problème pouvait venir du contenu et non du paquet! Je me conformais, j’essayais de cadrer… Autant vous dire que plus on essaye de se conformer, plus on déborde! Ca fait le même effet que lorsqu’on essaye de fermer un sac trop rempli. A chaque fois que ça entre enfin d’un côté, ça déborde de l’autre! Et voilà comment j’ai passé la plus grande partie de ma vie à essayer de me reconnaître dans un miroir. Il y avait en moi un tel décalage entre celle que j’étais et celle que je montrais. Et puis cette impression d’être une imposture. Toujours… En permanence… Ça ne me lâchait pas et j’avais beau trouver des parades, ce n’était jamais que provisoire.

Mon déménagement à Saint-Martin m’a fait passer à la vitesse supérieure de mon évolution. L’instabilité m’a toujours poussée à puiser plus loin dans mes ressources internes. Dans ces moments là, je passe des paliers. Celui-ci n’était pas une mince affaire. Je ne connaissais pas du tout Saint-Martin, j’y avais passé une semaine en avril et voilà que je m’y installais en août. Vous penserez que c’est la France alors pas de grand changement et je vous répondrais que nenni, mon ami ! Les Antilles sont loin, très loin de nos petites habitudes de métropolitains. Pour mon plus grand bonheur, ce fut un total bouleversement de mes habitudes même si sur le moment et pendant quelques temps, j’ai eu énormément de difficultés. C’est à ce moment que j’ai croisé l’équipe du CMP qui m’a gentiment fait comprendre que je n’étais pas folle. Cette équipe qui m’a accompagné dans la découverte de mon haut potentiel. C’est aussi à cette période que j’ai rencontré Pierre, mon professeur de yoga… Une des rencontres majeures de ma petite existence, si ce n’est LA rencontre… Et bien sûr, l’hypnothérapie… Vous l’aurez compris, Saint-Martin c’est l’île de la métamorphose! La chenille s’est installée dans son cocon. donc me voilà dans mon cocon, un peu à l’étroit mais en sécurité pour dépasser toutes les turbulences, les nettoyages, les mises à jour et autres réécritures et reset qui attendent toute chenille qui se respecte et souhaite poursuivre son évolution vers le papillon.

Et puis, le moment est arrivé… J’avais déjà commencé à couper mes cheveux, je rabotais l’air de rien… J’avais même décidé d’arrêter de me colorer les cheveux. Après tout, Pachamama a décidé que je grisonnerais tôt (23 ans quand même! un peu dure la nature!) alors pourquoi passer autant de temps et d’argent à chercher les bonnes couleurs, les bons produits… En plus, je suis assez maladroite avec tous ces trucs et je n’ai jamais fait deux fois exactement la même couleur et surtout, j’ai toujours eu les oreilles, le front, la nuque et/ou le cou colorés! Un vrai clown! Autant assumer ce que la nature m’a offert. Bien sûr, c’était le début! Arrêter de se colorer les cheveux pour une femme c’est un sacré pas! Et voilà qu’après la couleur, j’attaquais la longueur! Plus de longueur du tout, en fait! Je sentais que j’avais besoin de virer le costume, la parure était trop lourde à porter et j’avais besoin d’être nue pour me voir, moi. Et voilà comment et pourquoi j’ai sauté le pas.

A l’occasion d’un voyage en Irlande. Pays que j’aime énormément mais qui me fait friser comme un ‘tit mouton!

Imaginez voir vos cheveux tomber à vos pieds, sans savoir ce qui se passe exactement là-haut!? Je ne voulais absolument pas faire ça devant un miroir donc je ne me rendais compte de la tonte qu’à la vue de ma tignasse qui s’étalait au sol! Heureusement que j’avais déjà beaucoup moins de longueurs sinon, j’aurais surement fait un malaise! Et puis, en quelques minutes c’était fait… Le regard de mon compagnon de l’époque m’a rassuré, j’ai lu de l’admiration. Et puis, ces mots m’ont aidé à aller voir… Il m’a juste dit quelques mots. Tu es belle! On voit mieux ton visage, je préfère! ». Whaou! Imaginez! Au moins mon mec n’allait pas me regarder avec dégoût pendant des mois! C’était toujours ça!

Le moment fatidique… J’arrive devant le miroir et je mets quelques instants avant d’oser me planter devant les yeux ouverts. Si j’avais su, j’aurais tout tondu avant, bien avant! Peu importe que j’ai été réellement belle ou pas. Je me suis trouvée belle pour la première fois de ma vie! Et encore mieux… Pour la première fois, j’ai reconnu mon visage, je me suis vu et j’ai su qui j’étais. J’ai pleuré, forcement sinon je ne suis pas moi! Ce jour-là, je ne me suis pas débarrassée de mes cheveux, je me suis débarrassée de la honte de ne pas être toujours comme il faut, du poids des obligations d’être ou ne pas être féminine, du poids terrible que fait peser le regard de l’autre et du poids encore plus terrible de mon propre regard sur moi-même. Un regard plein de jugement et sans amour. Je n’avais plus rien à cacher et, de toute façon, plus envie de le faire. M’aimer c’est m’aimer entière, telle que je suis! Même quand je yoyotte! Même quand je me plante! Même fatiguée et moche! Même quand je ne sais pas ou ne peux pas! Et m’aimer, c’est d’abord, m’aimer moi! Ce jour-là, j’ai arrêté d’attendre de l’autre qu’il me donne ce que je n’avais jamais été capable de me donner, mon propre amour! Ma boule à Z c’est mon diplôme de self-love!

Je ne résiste pas… Tête d’évadée de prison! hihi!

Aujourd’hui, je suis en pleine repousse! Je l’ai choisi après deux années sans cheveux sur le caillou! Je suis en pleine écriture de ma féminité, une féminité qui me ressemble. Je me regarde dans le miroir et je me reconnais! Ma féminité, à moi! Unique et précieuse…

J’avoue j’adore! Du coup, je la livre version giga-mega grande!

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